Sujet et corrigé du brevet de français 2026
Tu trouveras ici le sujet de français du brevet 2026, série générale, avec son corrigé détaillé : les questions de compréhension et de grammaire sur un texte de Blaise Cendrars extrait de L’Homme foudroyé, la réécriture, la dictée et les deux sujets de rédaction, expliqués pas à pas.

Le sujet de 2026 en bref
L’épreuve de français de la série générale, session 2026 (sujets de métropole, codes 26GENFRQGCME1, 26GENFRDME1 et 26GENFRRME1), porte le coefficient 2 et se déroule en trois temps. La première partie, « Grammaire et compétences linguistiques, compréhension et compétences d’interprétation », dure 1 h 10 et est notée sur 50 points : 32 points pour la compréhension, 18 points pour la grammaire. La dictée suit, sur la même copie : elle dure 20 minutes et est notée sur 10 points. La rédaction dure 1 h 30 et est notée sur 40 points. Le dictionnaire est interdit pendant la première partie et la dictée, autorisé pendant la rédaction ; la calculatrice est interdite.
Les trois documents sont publiés par le ministère de l’Éducation nationale : sujet de la première partie, texte, image et questions (PDF), sujet de la dictée (PDF) et sujet de la rédaction (PDF). Le texte de Blaise Cendrars est une œuvre protégée : il est résumé ici avec de courtes citations, et tu le lis en entier dans le sujet officiel. Les consignes, elles, sont reproduites telles qu’elles figurent sur le sujet.
Le texte et l’image du sujet
Le texte est un extrait de L’Homme foudroyé de Blaise Cendrars, chapitre « Dans le silence de la nuit », paru en 1945 (37 lignes sur le sujet). Le chapeau du sujet le présente ainsi : « Blaise Cendrars raconte un souvenir de la Première Guerre mondiale durant laquelle il a été mobilisé. Une nuit, il part en éclaireur, seul, pour repérer l’emplacement des tranchées allemandes. »
L’extrait suit quatre temps, ceux que la question 1 te demande de titrer :
- Lignes 1 à 17. Le narrateur saisit son fusil : il a « l’impression qu’un homme avait bougé, là, en face » de lui. Il ne voit rien, n’entend rien, mais il en est sûr. Il attend longtemps, le cœur battant, la sueur dans le dos, certain de recevoir un coup de feu. « Rien. Toujours rien. Rien. »
- Lignes 18 à 32. Il ose bouger, colle son oreille au sol et croit entendre « comme un bruit d’herbe froissée » : deux ou trois hommes approcheraient en rampant. Il en est presque soulagé, puis il comprend que ce bruit vient de la pointe de sa propre baïonnette, que sa main tremblante agite dans les herbes. Il se moque de lui-même : « Pauvre Blaise, me dis-je, en me détendant, tu as eu une sacrée frousse ! »
- Lignes 33 à 36. « Et à l’instant même », un coup de feu lui part en plein visage. Suit une « galopade de bottes » ; il tire deux coups de fusil et lance des grenades dans le petit bois.
- Ligne 37. « … Et la belle nuit sereine reprit son cours… »
Quatre mots sont expliqués en note sur le sujet : « Je bandais toutes mes facultés » (j’étais en alerte), « baïonnette » (sorte de petite épée fixée au bout d’un fusil), « frousse » (peur) et « galopade » (course précipitée).
L’image est un photogramme du film Les Sentiers de la gloire de Stanley Kubrick (1957), en noir et blanc : en gros plan, un soldat casqué, plaqué contre un talus de terre, rampe vers l’avant, un pistolet à la main, le visage tendu et les yeux écarquillés ; derrière lui, on devine un autre soldat qui rampe aussi. L’image est protégée, elle se regarde dans le sujet officiel.
Compréhension et compétences d’interprétation (32 points)
Sur le sujet : « Toutes vos réponses doivent être intégralement rédigées. La maîtrise de la langue sera évaluée sur l’ensemble de l’épreuve. »
Question 1 : un titre pour chaque partie
Donnez un titre à chacune des quatre parties du texte : lignes 1 à 17 ; lignes 18 à 32 ; lignes 33 à 36 ; ligne 37. (4 points)
Méthode. La consigne te donne déjà le découpage : il te reste à résumer chaque partie par un groupe nominal court qui dit ce qui s’y passe. Vérifie que tes quatre titres, lus à la suite, racontent toute l’histoire (4 points).
Corrigé. Lignes 1 à 17 : L’attente angoissée dans le noir. Le narrateur, immobile, est persuadé qu’un homme se tient devant lui, mais il ne perçoit rien et ne peut que guetter : « J’attendis longtemps. » (l. 7).
Lignes 18 à 32 : La fausse alerte. Le narrateur croit entendre des ennemis approcher, puis il comprend que le bruit vient de sa propre arme, agitée par la peur : « ma main tremble nerveusement » (l. 26).
Lignes 33 à 36 : L’attaque surprise. Au moment où le narrateur se détend, un tir éclate tout près de lui et il riposte : « me partit en plein visage un coup de feu » (l. 33).
Ligne 37 : Le retour au calme. Le danger s’éloigne et le silence revient, puisque « la belle nuit sereine reprit son cours » (l. 37).
Tu peux proposer d’autres titres s’ils résument bien chaque partie, par exemple : Une présence invisible, Un bruit trompeur, Le coup de feu, La nuit retrouvée.
Question 2 : ce qu’éprouve le narrateur
Lignes 1 à 17 : Quel sentiment ou quelle émotion éprouve le narrateur dans cette première partie du texte ? Justifiez votre réponse par deux citations du texte. (4 points)
Méthode. Nomme d’abord le sentiment avec un mot précis, puis prouve-le par deux citations exactes prises entre les lignes 1 et 17. Choisis par exemple une citation qui dit la peur et une autre qui la montre dans le corps (4 points).
Corrigé. Dans la première partie du texte, le narrateur éprouve une peur intense, qui va jusqu’à l’angoisse : il se croit menacé par un homme qu’il ne voit pas.
Cette peur est d’abord nommée directement : « J’aurais crié de frayeur. » (l. 5). Le nom de la frayeur appartient au vocabulaire de la peur, et le conditionnel passé montre que le narrateur a été tout près de crier.
Cette peur se lit aussi dans les réactions de son corps : « Je sentais mon cœur battre. » (l. 8). Le cœur qui s’emballe, comme la sueur qui lui coule dans le dos (l. 11), est un signe physique de l’angoisse.
Question 3 : l’écriture de l’inquiétude
Lignes 14 à 20 : de « Je m’attendais à recevoir […] » à « […] Ils doivent être deux ou trois… » Comment le narrateur rend-il compte de son inquiétude ? Deux éléments de réponse sont attendus. Chacun d’eux s’appuiera sur l’identification précise et l’analyse d’un procédé d’écriture. (6 points)
Méthode. La consigne exige deux éléments, chacun fondé sur un procédé nommé avec précision, cité, puis expliqué (6 points). Repère donc les procédés d’écriture visibles dans les lignes 14 à 20 : répétitions, types de phrases, temps des verbes, ponctuation.
Corrigé. Le narrateur rend d’abord compte de son inquiétude par la répétition d’une phrase non verbale réduite à un seul mot : la phrase « Rien. » revient aux lignes 15, 17, 18 et 19, et elle est renforcée par un adverbe à la ligne 16 (« Toujours rien. »). Aux lignes 15 à 17, chacune de ces phrases occupe seule une ligne. Ce procédé étire le temps : le lecteur attend, comme le narrateur, le coup de feu redouté à la ligne 14, et le silence devient de plus en plus pesant.
Il rend compte ensuite de son inquiétude par le passage au présent de narration, associé aux points de suspension : « J’entends comme un bruit d’herbe froissée… » (l. 19). Alors que le récit était mené au passé (« Je collai mon oreille au sol. », l. 18), le présent donne l’impression de vivre la scène en direct. Les points de suspension hachent les phrases : ils traduisent le souffle retenu du narrateur, qui écoute, hésite et s’attend au pire.
Tu peux aussi t’appuyer sur le verbe modalisateur de « Ils doivent être deux ou trois… » (l. 20), qui exprime une simple supposition, ou sur le pronom indéfini de « On s’approche en rampant… » (l. 19 et 20), qui laisse l’ennemi sans visage.
Question 4 : comment le narrateur se rassure
Lignes 20 à 32 : de « Alors, je pousse un soupir de soulagement. […] » à « […] tu as eu une sacrée frousse ! ... » Que fait le narrateur pour se rassurer ? Deux éléments de réponse sont attendus, justifiés chacun par une citation du texte. (4 points)
Méthode. Cherche des actions ou des attitudes du narrateur entre les lignes 20 et 32 : ce qu’il se dit, ce qu’il fait, ce qu’il comprend. Deux éléments suffisent, chacun accompagné d’une citation exacte (4 points).
Corrigé. Pour se rassurer, le narrateur commence par raisonner. Il se persuade que des ennemis que l’on entend venir sont moins redoutables qu’une présence silencieuse toute proche : « le danger est moins proche » (l. 21). Ce raisonnement lui permet de souffler et de reprendre une attitude de soldat, comme le montre « je les attends, prêt à tirer… » (l. 24).
Ensuite, il se parle à lui-même et se moque de sa propre peur : « tu as eu une sacrée frousse » (l. 32). Il s’adresse à lui-même à la deuxième personne, avec un mot familier, comme on le ferait pour calmer un camarade. Cette autodérision fait retomber la tension.
Tu peux aussi répondre qu’il trouve une explication rassurante au bruit entendu : celui-ci « était causé par la pointe de ma baïonnette » (l. 28), et non par des ennemis.
Question 5 : le doute sur la présence de l’ennemi
Comment le narrateur, tout au long du texte, parvient-il à entretenir le doute sur la présence d’un ennemi ? Vous développerez votre réponse en vous appuyant sur trois éléments, justifiés chacun par une citation du texte. (6 points)
Méthode. La question porte sur tout le texte : prends un élément au début, un au milieu et un à la fin. Pour chacun, annonce l’idée, cite, puis explique pourquoi le lecteur ne sait pas si l’ennemi est vraiment là (6 points).
Corrigé. Le narrateur entretient d’abord le doute en présentant ce qu’il ressent comme une simple impression. Dès le début, il s’interroge : « Étais-je victime d’une illusion des sens ? » (l. 3). Cette phrase interrogative invite le lecteur à se demander, lui aussi, si l’ennemi existe ou s’il est né de la peur.
Le doute est ensuite entretenu parce que l’ennemi n’est jamais vu ni décrit. Le narrateur affirme : « J’étais sûr qu’il était là. » (l. 10), mais cette certitude ne repose sur aucune preuve, puisqu’il ne voit rien et n’entend rien. Il parle d’ailleurs de « cet ennemi invisible » (l. 22) : le lecteur ne dispose que des suppositions d’un homme effrayé.
Enfin, le narrateur lance le lecteur sur une fausse piste. Le bruit qui semblait annoncer des soldats « était causé par la pointe de ma baïonnette » (l. 28) : on croit alors que tout était imaginaire, et le narrateur lui-même en rit. C’est à ce moment précis qu’un coup de feu éclate et prouve qu’un ennemi était bien là. Même alors, celui-ci reste caché, on n’en perçoit que le bruit d’une fuite : « Et ce fut une galopade » (l. 34).
Question 6 : le texte et l’image
Texte et image. Dans quelle mesure ce photogramme du film Les Sentiers de la gloire peut-il illustrer le texte ? Vous développerez votre réponse en vous appuyant sur deux arguments au moins. Chacun devra être justifié en vous référant au texte et à l’image. (8 points)
Méthode. L’expression dans quelle mesure t’invite à montrer ce qui rapproche l’image du texte, puis ce qui les sépare. Pour chaque argument, il faut un détail du texte (une citation) et un détail précis de l’image : cadrage, posture, regard, décor (8 points).
Corrigé. Ce photogramme du film Les Sentiers de la gloire peut d’abord illustrer le texte parce qu’il montre la même situation : un soldat au sol, armé, qui guette un danger. Dans le texte, le narrateur tient son fusil et se plaque à terre : « Je collai mon oreille au sol. » (l. 18). Sur l’image, le soldat, casqué et en uniforme, est plaqué contre un talus de terre retournée et rampe vers l’avant, un pistolet dans la main. Sa posture rappelle aussi les ennemis que le narrateur imagine : « On s’approche en rampant… » (l. 19 et 20).
L’image illustre ensuite la peur du narrateur. Le texte multiplie les signes physiques de l’angoisse, par exemple « ma main tremble nerveusement » (l. 26). Sur le photogramme, le gros plan attire l’attention sur le visage tendu du soldat et sur ses yeux écarquillés : le spectateur lit la tension sur ses traits comme le lecteur la lit dans les sensations du narrateur.
Enfin, dans les deux cas, la menace reste hors de vue. Le narrateur parle de « cet ennemi invisible » (l. 22), qu’il devine sans jamais le voir. De même, le soldat du film fixe devant lui un point que le cadrage ne montre pas : le spectateur, comme le lecteur, ignore ce qui va surgir.
L’image ne correspond pourtant pas en tout point au texte. Le narrateur est parti seul et se trouve plongé « dans le noir » (l. 22), alors que l’on devine sur le photogramme un autre soldat qui rampe derrière le premier. De plus, l’image fixe un seul instant de tension : elle ne peut montrer ni la fausse alerte, ni la façon dont le narrateur se moque ensuite de lui-même, « tu as eu une sacrée frousse » (l. 32).
Grammaire et compétences linguistiques (18 points)
Question 7 : les verbes conjugués
« Mais si… J’entends comme un bruit d’herbe froissée… On s’approche en rampant… » (l. 19-20)
a) Recopiez les verbes conjugués. Indiquez le mode et le temps de ces verbes. (2 points)
b) Dans ces phrases, quelle est la valeur de ce temps ? (1 point)
a) Méthode. Un verbe conjugué porte une marque de personne et de temps : écarte donc « en rampant », qui est un gérondif. Donne ensuite le mode, puis le temps (2 points).
Corrigé. Les verbes conjugués sont « entends » et « s’approche » : ils sont tous les deux au présent du mode indicatif.
Un verbe conjugué varie en personne et en temps, alors que le gérondif « en rampant » est une forme invariable du verbe, qui ne se relève pas ici.
b) Méthode. Regarde les temps qui entourent le passage : le récit est mené au passé simple et à l’imparfait. Demande-toi pourquoi le narrateur passe soudain au présent : c’est tout l’enjeu des valeurs du présent (1 point).
Corrigé. Dans ces phrases, le présent a une valeur de présent de narration : il raconte des faits passés comme s’ils se déroulaient sous les yeux du lecteur.
Le présent de narration remplace un temps du passé dans un récit pour rendre l’action plus vivante et plus intense.
Question 8 : le mot « les »
« Les autres peuvent venir, je les attends, prêt à tirer… » (l. 24)
a) Quelle est la classe (ou nature) grammaticale du mot souligné ? (1 point)
b) Quelle est sa fonction grammaticale ? (1 point)
a) Méthode. Ne confonds pas avec l’article défini : ici, « les » est placé devant un verbe et non devant un nom. Cherche le groupe de mots qu’il remplace (1 point).
Corrigé. Le mot « les » est un pronom personnel de la troisième personne du pluriel, qui reprend le groupe nominal « Les autres ».
Placé devant un verbe, le, la ou les est un pronom personnel, alors que placé devant un nom il est un article défini.
b) Méthode. Demande-toi qui ou quoi le narrateur attend : le mot qui répond à cette question, sans préposition, te donne la fonction cherchée (1 point).
Corrigé. Le pronom « les » est complément d’objet direct (COD) du verbe « attends ».
Le COD complète le verbe sans préposition et, quand il est un pronom personnel, il se place avant le verbe.
Question 9 : le mot « invisible »
« cet ennemi invisible » (l. 22)
a) Identifiez et nommez les trois éléments qui composent le mot souligné. (1,5 point)
b) Expliquez son sens et donnez un mot de la même famille. (1,5 point)
a) Méthode. Découpe le mot en partant du centre : cherche le radical que tu retrouves dans d’autres mots, puis ce qui est ajouté avant (préfixe) et après (suffixe). Nomme chacun des trois éléments (1,5 point).
Corrigé. Le mot « invisible » est composé du préfixe in-, du radical vis- et du suffixe -ible.
Un mot dérivé se forme en ajoutant à un radical un préfixe, placé avant, et un suffixe, placé après.
b) Méthode. Sers-toi du sens de chaque élément : le préfixe exprime la négation, le radical renvoie à la vue, le suffixe à la possibilité. Vérifie ensuite ton explication dans la phrase du texte (1,5 point).
Corrigé. L’adjectif « invisible » signifie qui ne peut pas être vu, ce qui convient à un ennemi que le narrateur devine sans le voir, et un mot de la même famille est visible (on peut aussi proposer vision, visibilité ou invisibilité).
Les mots d’une même famille sont formés sur le même radical, ici vis-, qui renvoie à l’idée de voir.
Question 10 : la réécriture
Réécrivez le passage suivant en remplaçant « je » par « nous ». Faites toutes les modifications nécessaires. (10 points)
« je les attends, prêt à tirer… et c’est alors que concentrant toute mon attention sur mon index placé sur la gâchette, c’est alors que je me rends compte que ma main tremble nerveusement et que ce bruit d’herbe foulée, que je prenais pour l’approche de deux ou trois Allemands rampant imperceptiblement vers moi, était causé par la pointe de ma baïonnette » (lignes 24 à 28).
Méthode. Souligne d’abord tout ce qui renvoie à « je » : les verbes, mais aussi les pronoms, les déterminants possessifs et l’adjectif qui se rapporte au sujet. C’est la démarche de l’exercice de réécriture du brevet : ne laisse aucun de ces mots de côté, puis recopie le reste sans rien changer (10 points).
Corrigé. nous les attendons, prêts à tirer… et c’est alors que concentrant toute notre attention sur notre index placé sur la gâchette, c’est alors que nous nous rendons compte que notre main tremble nerveusement et que ce bruit d’herbe foulée, que nous prenions pour l’approche de deux ou trois Allemands rampant imperceptiblement vers nous, était causé par la pointe de notre baïonnette
- nous les attendons : le verbe attendre au présent prend la terminaison -ons avec le sujet « nous ».
- prêts : l’adjectif se rapporte au sujet « nous », il se met donc au pluriel ; le masculin s’impose puisque le narrateur est un homme.
- notre attention, notre index, notre main, notre baïonnette : les déterminants possessifs mon et ma passent à la première personne du pluriel.
- Deux graphies sont justes pour ces groupes : si tu considères que chacun a son index, sa main et sa baïonnette, tu peux écrire nos index placés, nos mains tremblent et nos baïonnettes, à condition d’accorder alors le participe et le verbe au pluriel et de rester cohérent d’un bout à l’autre.
- nous nous rendons compte : dans un verbe pronominal, le pronom réfléchi change avec le sujet (me devient nous) et le verbe prend la terminaison -ons.
- nous prenions : à l’imparfait, la terminaison de la première personne du pluriel est -ions.
- vers nous : après la préposition, le pronom moi devient nous.
- Ne changent pas : concentrant et rampant (participes présents, invariables), placé (accordé avec index), était causé (accordé avec ce bruit).
La dictée (10 points)
La dictée dure 20 minutes et est notée sur 10 points ; elle se fait sur la même copie que la première partie, une ligne sur deux. Le texte dicté est adapté du même livre (« D’après Blaise Cendrars, L’Homme foudroyé, 1945 ») : c’est le portrait de Faval, un homme d’une force prodigieuse et d’une grande naïveté, qui a une peur bleue de mourir et dont les camarades se moquent. Deux mots sont écrits au tableau, « Faval » et « fruste », avec la référence du texte. Le surveillant lit d’abord le texte en entier, puis le dicte en donnant la ponctuation et en marquant les liaisons, puis le relit sans la ponctuation. Le texte, protégé, se lit dans le sujet officiel de la dictée.
Méthode. Pendant la relecture, cherche le sujet de chaque verbe, même s’il est loin, puis remonte de chaque adjectif vers le nom qu’il qualifie. Les deux mots inscrits au tableau (Faval, fruste) sont à recopier tels quels.
Corrigé. Le texte de la dictée n’est pas reproduit : voici les points à vérifier en priorité sur ta copie (épreuve notée sur 10 points).
- « je n’ai vu » : avec la négation jamais, n’oublie pas le n’ ; le participe passé employé avec avoir ne s’accorde pas, car le COD est placé après le verbe.
- « tout le monde » : ce sujet est au singulier, donc les verbes qui suivent, « se moquait » et « faisait », se terminent par -ait.
- « les camarades lui jouaient » : le sujet est au pluriel, le verbe prend -aient ; le pronom placé devant le verbe ne change rien à l’accord, comme dans « lui montaient ».
- « ne se mettait jamais » : le sujet est très éloigné du verbe, qui reste au singulier (-ait), tout comme « continuait » ; devant un verbe pronominal, on écrit se et non ce.
- « comprenant très bien » et « des yeux souriant » : ce sont des participes présents, suivis d’un complément, donc invariables ; pas de s à la fin.
- « une peur bleue » : l’adjectif de couleur s’accorde au féminin singulier avec le nom.
- « C’était un être » : c’ équivaut à cela et s’écrit avec une apostrophe ; être est ici un nom, précédé d’un déterminant.
- « voire fruste » : l’adverbe voire, qui signifie et même, prend un e final, à la différence du verbe voir ; l’adjectif qui suit, inscrit au tableau, n’a qu’un seul r.
- « courtes et trapues » : les deux adjectifs s’accordent au féminin pluriel avec le nom qu’ils qualifient ; plus loin, « des bras formidables » prend la marque du pluriel, et bras s’écrit toujours avec un s.
- « sans aucune méchanceté » : aucune s’accorde au féminin singulier avec le nom ; la plupart des noms féminins en -té, comme celui-ci, ne prennent pas de e final.
La rédaction (40 points)
La rédaction dure 1 h 30 et est notée sur 40 points. Sur le sujet : « Vous traiterez à votre choix l’un des deux sujets suivants ». Le dictionnaire est autorisé, la copie est distincte de celle de la première partie, et tu peux garder le texte de Cendrars sous les yeux. Le sujet rappelle enfin : « Afin de respecter l’anonymat de votre copie, vous ne devez pas signer votre composition, citer un nom, celui d’un camarade ou celui de votre établissement. »
Sujet d’imagination
« Quand je rentrai au campement, avant le lever du jour, les hommes me dirent : “Dis donc, caporal, tu nous as fait une belle peur, cette nuit. Qu’est-ce qui t’est arrivé ?” »
Le narrateur leur fait alors le récit de sa nuit en masquant sa peur et en se présentant sous un jour héroïque. Vous raconterez cette scène.
Votre récit pourra comporter des dialogues. Votre rédaction comportera 35 lignes au moins.
Méthode. Relève d’abord tout ce que la consigne impose : la situation de départ, le narrateur, ce qu’il cache et l’image qu’il veut donner. Relis ensuite le texte pour lister les faits de la nuit, car le sujet d’imagination au brevet est ici une suite de texte, qui ne doit pas contredire l’extrait.
Corrigé. Voici des pistes pour construire ta copie.
Ce que la consigne impose. Ton texte prolonge le récit de Blaise Cendrars : tu gardes le même narrateur (un caporal, qui dit « je »), le même cadre (le campement, avant le lever du jour) et les temps du passé, comme dans la phrase de départ. La scène à raconter est précise : le narrateur fait à ses hommes le récit de sa nuit « en masquant sa peur et en se présentant sous un jour héroïque ». Les dialogues sont permis, pas obligatoires, et il faut 35 lignes au moins (épreuve notée sur 40 points, dictionnaire autorisé).
Un plan possible.
- L’entrée en scène. Le narrateur arrive au campement, les hommes l’entourent et l’interrogent. Décris son attitude : il prend son temps, adopte un ton détaché, comme si la nuit avait été ordinaire. Tu peux glisser un détail qui le trahit, par exemple une main qui tremble encore et qu’il cache.
- Le début du récit aux hommes. Il raconte qu’il a senti une présence dans l’obscurité. Dans le texte, il doute et transpire ; devant ses hommes, il parle de flair, de sang-froid, d’immobilité calculée.
- L’attente transformée. Le long silence devient une ruse de guetteur. Le bruit d’herbe, qui venait en réalité de sa propre baïonnette, peut devenir dans sa bouche l’approche de plusieurs ennemis qu’il aurait laissés venir.
- Le moment de gloire. Le coup de feu en plein visage, les deux coups de fusil, les grenades, la fuite des adversaires : ces faits sont dans le texte, il lui suffit de les grossir (nombre d’ennemis, durée de l’affrontement, calme qu’il prétend avoir gardé).
- Les réactions et la chute. Fais réagir les hommes : admiration, rires, question gênante d’un soldat qui doute. Termine par une pensée du narrateur, seul avec sa vérité : lui sait bien qu’il a eu peur.
Les pièges à éviter.
- Oublier le décalage : tout l’intérêt du sujet tient à l’écart entre ce que le lecteur sait (la peur) et ce que le narrateur raconte (l’exploit).
- Contredire le texte : le narrateur était seul, de nuit, et il n’a jamais vu l’ennemi.
- N’écrire qu’un dialogue : alterne paroles et narration (gestes, regards, pensées), et ponctue correctement le discours direct.
- Mélanger les temps : passé simple et imparfait pour le récit qui encadre, présent et passé composé à l’intérieur des paroles.
- Abandonner la première personne, ou signer ton texte et citer ton propre nom, ce que le sujet interdit.
Sujet de réflexion
Qu’apporte au lecteur ou au spectateur la découverte d’œuvres qui se déroulent à une autre époque ?
Vous présenterez votre réflexion dans un développement argumenté et organisé. Vous illustrerez votre propos à l’aide d’exemples issus de vos lectures et de votre culture artistique personnelle (cinéma, peinture, bande dessinée, …). Vous pouvez vous appuyer également sur le texte de Blaise Cendrars.
Votre texte comportera 30 lignes au moins.
Méthode. Encadre les mots clés : apporte (les bénéfices), lecteur ou spectateur (livres, mais aussi films, tableaux, bandes dessinées), une autre époque (le passé, voire le futur). Construis ensuite ton plan comme le demande le sujet de réflexion au brevet : une idée par paragraphe, chaque idée suivie d’un exemple.
Corrigé. Voici des pistes pour construire ta copie.
Ce que la consigne impose. La question est ouverte : il ne s’agit pas de répondre par oui ou par non, mais d’expliquer ce que l’on gagne à découvrir ces œuvres. Le sujet demande « un développement argumenté et organisé », des exemples tirés de tes lectures et de ta culture artistique, et 30 lignes au moins. Tu peux aussi t’appuyer sur le texte de Blaise Cendrars et sur le photogramme du sujet (épreuve notée sur 40 points, dictionnaire autorisé).
Un plan possible.
- Introduction. Pars d’un constat simple (romans, films et bandes dessinées nous transportent souvent dans un autre temps), reformule la question, puis annonce tes idées.
- Première idée : découvrir et comprendre une époque. Une œuvre montre de l’intérieur ce qu’un manuel résume : la vie quotidienne, les mentalités, les épreuves traversées. Exemple : le texte de Blaise Cendrars fait vivre une nuit de guerre instant après instant, jusqu’au détail du cœur qui bat. Autres exemples possibles : le Journal d’Anne Frank ou la bande dessinée Maus, d’Art Spiegelman.
- Deuxième idée : éprouver des émotions et se mettre à la place d’autrui. En suivant un personnage, le lecteur ou le spectateur partage sa peur, son courage, ses espoirs. Exemple : le gros plan du photogramme des Sentiers de la gloire, de Stanley Kubrick, fait lire la tension sur un visage. Autres exemples possibles : Les Misérables, de Victor Hugo, ou un film historique que tu as vu.
- Troisième idée : s’évader et prendre du recul sur son propre temps. Le dépaysement est un plaisir (décors, costumes, aventures, comme dans Cyrano de Bergerac, d’Edmond Rostand), mais il fait aussi réfléchir : on compare, on mesure ce qui a changé et ce qui demeure, on garde la mémoire des événements.
- Conclusion. Résume tes idées en une ou deux phrases, puis élargis : une œuvre située à une autre époque parle aussi de celui qui la découvre.
Les pièges à éviter.
- Empiler des titres sans les expliquer : chaque exemple doit prouver l’idée du paragraphe, en une ou deux phrases précises.
- Raconter longuement l’histoire d’une œuvre au lieu d’argumenter.
- Oublier le spectateur : prévois au moins un exemple pris au cinéma, en peinture ou en bande dessinée.
- Citer une œuvre dont tu n’es pas sûr du titre ou de l’auteur : mieux vaut un exemple modeste mais exact.
- Rendre un bloc sans paragraphes ni connecteurs, ou signer ta copie, ce que le sujet interdit.
Comment travailler ce sujet
Travaille ce sujet dans les conditions écrites sur l’énoncé : 1 h 10 pour les questions et la réécriture (50 points), puis 20 minutes de dictée (10 points), sans dictionnaire ni calculatrice ; ensuite 1 h 30 pour la rédaction (40 points), dictionnaire autorisé. Rédige toutes tes réponses en phrases complètes, puis compare-les au corrigé : vérifie le nombre d’éléments et de citations demandé, et recopie exactement les citations manquantes. Pour la dictée, fais-toi lire le texte, puis contrôle chaque point de vigilance. Pour organiser tes révisions, appuie-toi sur une méthode pour réviser le brevet de français.