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SVT · Le vivant et son évolution

L'échiquier de croisement en génétique en 3ᵉ : cours, exercices et méthode pour le brevet

★ Tombe souvent au brevet Difficulté ●●○ 16 min de lecture
Difficulté2/3
Par Damien Chapuis · mis à jour pour la session 2027

L'essentiel avec Coach Vince

  • Un échiquier de croisement organise les combinaisons possibles d’allèles transmis par deux parents.
  • Chaque gamète ne reçoit qu’un seul allèle de chaque gène étudié.
  • Tu dois distinguer le génotype, écrit avec des lettres, du phénotype, c’est-à-dire le caractère observable.

Ce que représente un échiquier de croisement

Un échiquier de croisement est un tableau qui permet de prévoir les génotypes possibles des descendants issus d’un croisement. Il ne décrit pas un individu précis avant sa naissance : il indique les combinaisons d’allèles qui peuvent être obtenues. Un gène est une portion d’ADN qui participe à l’expression d’un caractère. Pour un même gène, il peut exister plusieurs versions appelées allèles. Dans un modèle simplifié, on étudie souvent deux allèles d’un même gène. On les note par exemple A et a. Ces lettres sont des conventions : elles ne désignent pas automatiquement un caractère précis. Chez un individu, les chromosomes d’une même paire portent deux allèles du gène étudié. Le génotype AA contient deux allèles A ; le génotype aa contient deux allèles a ; le génotype Aa contient un allèle de chaque type. Un individu AA ou aa est homozygote pour ce gène. Un individu Aa est hétérozygote. Lors de la formation des gamètes, les deux chromosomes d’une paire se séparent. Chaque gamète reçoit donc un seul des deux allèles. Un parent Aa peut produire des gamètes portant A ou des gamètes portant a. Un parent aa ne peut produire, pour ce gène, que des gamètes portant a. L’échiquier rassemble ensuite un gamète possible de chaque parent. Tu dois toujours commencer par les gamètes : c’est le point de départ de toute construction correcte.

Les mots à maîtriser avant de remplir le tableau

MotDéfinition rigoureuseExemple
AllèleVersion possible d’un même gène.A et a sont deux allèles d’un gène étudié.
GénotypeEnsemble des allèles possédés par un individu pour le gène considéré.Aa est un génotype.
PhénotypeCaractère observable, résultant notamment de l’expression des gènes et de l’environnement.La couleur d’une fleur peut être un phénotype.
GamèteCellule reproductrice ne contenant qu’un allèle de chaque gène étudié.Un individu Aa produit des gamètes A et a.
Allèle dominantAllèle dont le caractère s’exprime chez un individu hétérozygote, dans le modèle étudié.Si A est dominant, Aa présente le phénotype associé à A.
Allèle récessifAllèle dont le caractère ne s’exprime, dans ce modèle, qu’en l’absence de l’allèle dominant.Si a est récessif, le phénotype associé à a apparaît chez aa.

Ton plan de jeu : construire le croisement sans erreur

  • 1. Lis la situation et isole le gène étudié. Repère les génotypes des deux parents. Si l’énoncé indique qu’un parent est hétérozygote, écris deux allèles différents, par exemple Aa. Ne déduis jamais un génotype sans utiliser les informations données.
  • 2. Détermine les gamètes possibles. Sépare les deux allèles de chaque parent. Pour Aa, écris A et a. Pour AA, écris seulement A. Pour aa, écris seulement a. Un parent homozygote ne produit qu’un type de gamète pour le gène considéré.
  • 3. Trace le tableau. Place les gamètes d’un parent en haut et ceux de l’autre parent dans la première colonne. Le nombre de lignes et de colonnes dépend du nombre de types de gamètes différents, pas du nombre d’individus imaginés.
  • 4. Complète chaque case. Dans une case, associe l’allèle du gamète placé en ligne et celui du gamète placé en colonne. Par convention de rédaction, place souvent la majuscule avant la minuscule : écris Aa plutôt que aA. Les deux écritures désignent toutefois le même génotype.
  • 5. Compte les génotypes obtenus. Des cases identiques correspondent au même génotype. Dans le croisement Aa × Aa, les possibilités sont AA, Aa, Aa et aa. Il y a donc trois génotypes possibles, mais le génotype Aa apparaît dans deux cases.
  • 6. Passe au phénotype seulement si la règle de dominance est fournie. Si A est dominant sur a, les génotypes AA et Aa ont le phénotype dominant ; seul aa a le phénotype récessif. Sans information sur la relation entre les allèles, tu ne peux pas attribuer rigoureusement un phénotype à Aa.

Une prévision n’est pas une garantie

L’échiquier de croisement s’applique lorsque l’on étudie les allèles transmis par les parents pour le ou les gènes précisés dans l’énoncé. Chaque case représente une possibilité de rencontre entre deux gamètes. Si quatre cases sont équiprobables dans le modèle utilisé, chacune correspond à une chance sur quatre. Cela ne signifie pas que quatre descendants réels présenteront obligatoirement les quatre résultats : la reproduction comporte une part d’aléatoire. Ne transforme donc jamais un résultat de tableau en certitude sur un enfant particulier. Écris plutôt : « le génotype aa est possible » ou « le phénotype récessif peut apparaître ». Reste aussi vigilant : la dominance n’est pas une règle universelle applicable à tous les caractères. Certains caractères dépendent de plusieurs gènes, de l’environnement ou de relations entre allèles plus complexes. Au brevet, utilise strictement le modèle génétique donné dans les documents.

Lire correctement un résultat génétique

Prenons un caractère gouverné, dans un modèle simplifié, par les allèles A et a. L’allèle A est indiqué dominant et l’allèle a récessif. Deux parents de génotype Aa sont croisés. Chacun forme deux types de gamètes : A et a. Le tableau comporte donc quatre cases : AA, Aa, Aa et aa. Les génotypes possibles sont AA, Aa et aa. Le phénotype dominant est associé aux génotypes AA et Aa, tandis que le phénotype récessif est associé au génotype aa. Pour rédiger, ne te contente pas d’une liste : relie chaque résultat à sa cause. Tu peux écrire : « Les deux parents sont hétérozygotes ; ils peuvent chacun transmettre l’allèle a. La rencontre de deux gamètes portant a forme le génotype aa. Le phénotype récessif est donc possible chez la descendance. » Si un individu présente un phénotype récessif dans ce modèle, son génotype est nécessairement aa. En revanche, si un individu présente le phénotype dominant, son génotype peut être AA ou Aa. C’est une distinction essentielle. Pour savoir s’il est homozygote ou hétérozygote, il faut une information supplémentaire, par exemple le génotype d’un parent ou le phénotype d’un descendant. Garde enfin une écriture précise : « dominant » ne veut pas dire « plus fréquent », « meilleur » ou « plus fort ». Ce mot indique uniquement la manière dont un allèle s’exprime chez un hétérozygote dans la situation étudiée.

Au brevet, on te demande…

Tu dois déterminer les gamètes possibles, construire ou exploiter un échiquier, puis justifier l’apparition possible d’un génotype ou d’un phénotype.

Type de question
Analyse d’un document génétique et calcul de probabilités de transmission à justifier par un échiquier de croisement.
Exemple type
Deux parents sont hétérozygotes pour un gène dont l’allèle M est dominant sur m. Montre, à l’aide d’un échiquier, qu’un descendant peut présenter le phénotype récessif.
Alerte piège au brevet
Confondre les allèles d’un parent avec ceux d’un gamète, ou annoncer un phénotype sans avoir utilisé la relation de dominance donnée.

Exemples résolus

Croisement de deux parents hétérozygotes

Énoncé. Chez une plante, l’allèle R donne des fleurs rouges et il est dominant sur l’allèle r, associé aux fleurs blanches. Deux plantes Rr sont croisées. Détermine les génotypes et les phénotypes possibles de leur descendance.

  1. Les deux parents ont le génotype Rr : chacun est hétérozygote.
  2. Chaque parent peut produire deux types de gamètes : R et r.
  3. On combine les gamètes dans l’échiquier : R avec R donne RR ; R avec r donne Rr ; r avec R donne Rr ; r avec r donne rr.
  4. Les génotypes possibles sont RR, Rr et rr. Comme R est dominant, RR et Rr donnent des fleurs rouges ; rr donne des fleurs blanches.

Résultat : La descendance peut avoir les génotypes RR, Rr ou rr. Les fleurs rouges sont possibles avec RR ou Rr ; les fleurs blanches sont possibles avec rr.

Croisement avec un parent homozygote récessif

Énoncé. Un caractère est étudié avec les allèles A et a. A est dominant sur a. Un parent Aa est croisé avec un parent aa. Indique les génotypes et les phénotypes possibles.

  1. Le parent Aa produit des gamètes A et a.
  2. Le parent aa est homozygote : il ne produit que des gamètes a.
  3. Les combinaisons possibles sont Aa et aa.
  4. Le génotype Aa présente le phénotype dominant car A est dominant. Le génotype aa présente le phénotype récessif.

Résultat : Deux génotypes sont possibles : Aa et aa. La descendance peut présenter le phénotype dominant ou le phénotype récessif.

Retrouver un génotype à partir d’un phénotype

Énoncé. Un individu présente le phénotype dominant associé à l’allèle B, dominant sur b. Peut-on affirmer qu’il est de génotype BB ?

  1. Le phénotype dominant s’exprime lorsqu’au moins un allèle dominant B est présent.
  2. Les génotypes BB et Bb possèdent chacun au moins un allèle B.
  3. Le seul phénotype observé ne permet donc pas de départager BB et Bb.

Résultat : Non. L’individu peut être BB ou Bb. Il faut une information supplémentaire pour connaître son génotype exact.

Écris les gamètes avant le tableau

Au brevet, pose les gamètes possibles des deux parents avant de remplir les cases. Cette étape justifie ton échiquier et évite les combinaisons impossibles.

Rédige une conclusion complète

N’écris pas seulement un génotype final : indique s’il est possible et relie-le au phénotype avec la règle de dominance fournie. Une réponse justifiée vaut plus qu’une liste brute.

Ta séance d'entraînement

1

Les mots de départ

★☆☆

Associe chaque écriture à son vocabulaire précis.

  1. Aa
  2. AA
  3. A ou a, produit par un individu Aa
Voir le corrigé
  1. Génotype hétérozygote. — Les deux allèles du gène étudié sont différents.
  2. Génotype homozygote. — Les deux allèles du gène étudié sont identiques.
  3. Gamète possible. — Un gamète ne porte qu’un seul allèle pour ce gène.
2

Les gamètes sans hésitation

★☆☆

Indique les gamètes possibles pour chaque génotype.

  1. Génotype DD
  2. Génotype Dd
  3. Génotype dd
Voir le corrigé
  1. Le seul type de gamète possible porte l’allèle D. — L’individu est homozygote.
  2. Les gamètes possibles portent D ou d. — L’individu est hétérozygote.
  3. Le seul type de gamète possible porte l’allèle d. — L’individu est homozygote.
3

Premier échiquier

★☆☆

Complète mentalement les combinaisons du croisement Aa × Aa.

  1. Gamète A du premier parent avec gamète A du second parent.
  2. Gamète A du premier parent avec gamète a du second parent.
  3. Gamète a du premier parent avec gamète A du second parent.
  4. Gamète a du premier parent avec gamète a du second parent.
Voir le corrigé
  1. AA. — Les deux gamètes transmettent l’allèle A.
  2. Aa. — Le descendant reçoit un allèle de chaque type.
  3. Aa. — Le génotype aA s’écrit habituellement Aa.
  4. aa. — Les deux gamètes transmettent l’allèle a.
4

Génotype et phénotype

★★☆

Réponds par vrai ou faux et corrige les affirmations fausses.

  1. Si A est dominant sur a, un individu Aa présente le phénotype associé à A.
  2. Si A est dominant sur a, un individu au phénotype associé à A est forcément AA.
  3. Un allèle dominant est nécessairement le plus fréquent dans une population.
Voir le corrigé
  1. Vrai. — L’allèle dominant s’exprime chez l’hétérozygote dans ce modèle.
  2. Faux. Il peut être AA ou Aa. — Le génotype Aa exprime aussi le phénotype dominant.
  3. Faux. La dominance concerne l’expression du caractère chez un hétérozygote, pas la fréquence de l’allèle. — Il ne faut pas confondre dominance et fréquence.
5

Croisement Aa × aa

★★☆

Détermine les génotypes puis les phénotypes possibles, sachant que A est dominant sur a.

Rédige une réponse justifiée.

Voir le corrigé
  1. Le parent Aa produit des gamètes A et a. Le parent aa produit seulement des gamètes a. Les génotypes possibles des descendants sont Aa et aa. Comme A est dominant sur a, les descendants Aa ont le phénotype dominant et les descendants aa ont le phénotype récessif. — La rédaction attendue cite les gamètes, les génotypes et l’interprétation des phénotypes.
6

Remonter au génotype

★★☆

Analyse les informations et justifie ta réponse.

L’allèle N est dominant sur n. Un individu présente le phénotype récessif. Quel est son génotype ?

Un autre individu présente le phénotype dominant. Peut-on connaître son génotype exact ?

Voir le corrigé
  1. L’individu a le génotype nn. En effet, le phénotype récessif ne s’exprime que lorsque l’individu ne possède aucun allèle dominant N, dans le modèle donné. — Le phénotype récessif permet ici de connaître le génotype.
  2. Non. Il peut avoir le génotype NN ou Nn, car ces deux génotypes possèdent au moins un allèle dominant N. — Le phénotype dominant ne suffit pas à départager les deux génotypes.
7

Finale brevet : démontrer une possibilité

★★★

Justifie qu’un descendant au phénotype récessif peut naître du croisement de deux parents au phénotype dominant, tous deux de génotype Bb, sachant que B est dominant sur b.

Produis une démonstration rédigée utilisant l’échiquier de croisement.

Voir le corrigé
  1. Les deux parents ont le génotype Bb ; chacun peut donc produire des gamètes B et b. L’échiquier de croisement donne les génotypes BB, Bb, Bb et bb. Le génotype bb est donc possible. Comme B est dominant sur b, le génotype bb exprime le phénotype récessif. Un descendant au phénotype récessif peut donc naître de ce croisement. — Une démonstration complète montre les gamètes, les combinaisons et le lien entre génotype et phénotype.

Évaluation

Réponds avec précision. Justifie tes réponses dès qu’un raisonnement génétique est demandé. Barème : 20 points

  1. Définis le mot « allèle »./ 2
  2. Indique les gamètes possibles d’un individu de génotype Cc./ 2
  3. Indique les gamètes possibles d’un individu de génotype cc./ 2
  4. Complète le croisement Cc × cc : quels génotypes de descendants sont possibles ?/ 3
  5. C est dominant sur c. Donne les phénotypes possibles dans le croisement Cc × cc./ 3
  6. Deux parents Dd ont le phénotype dominant, D étant dominant sur d. Justifie qu’ils peuvent avoir un descendant au phénotype récessif./ 5
  7. Explique pourquoi un individu au phénotype dominant associé à D peut être DD ou Dd./ 3
Voir le corrigé de l'évaluation
  1. Un allèle est une version possible d’un même gène. (2 pts)
  2. Les gamètes possibles portent C ou c. (2 pts)
  3. Le seul type de gamète possible porte c. (2 pts)
  4. Les génotypes possibles sont Cc et cc. (3 pts)
  5. Le génotype Cc donne le phénotype dominant et le génotype cc donne le phénotype récessif. Les deux phénotypes sont possibles. (3 pts)
  6. Chaque parent Dd peut produire des gamètes D et d. Le croisement donne DD, Dd, Dd et dd. Le génotype dd est possible et, puisqu’il ne possède pas l’allèle dominant D, il exprime le phénotype récessif. (5 pts)
  7. Les génotypes DD et Dd possèdent tous les deux au moins un allèle dominant D. Ils expriment donc le phénotype dominant dans le modèle donné. (3 pts)

Erreurs fréquentes

Erreur à éviterPourquoiLe bon réflexe
Écrire deux allèles dans un gamète, par exemple Aa.Pour le gène étudié, un gamète ne reçoit qu’un seul allèle lors de la séparation des chromosomes.Avant de tracer le tableau, écris séparément les gamètes possibles de chaque parent.
Conclure qu’un individu au phénotype dominant est forcément homozygote dominant.Dans un modèle de dominance, le génotype hétérozygote exprime aussi le phénotype dominant.Écris les deux possibilités, par exemple AA ou Aa, tant qu’aucune information ne permet de trancher.
Dire qu’un allèle dominant est plus fréquent ou plus avantageux.La dominance décrit l’expression d’un allèle chez un hétérozygote, pas sa fréquence ni son intérêt.Utilise le mot « dominant » seulement pour expliquer le phénotype d’un génotype hétérozygote.

Guide pour les parents

Faites expliquer la démarche à voix haute : nommer les gamètes, remplir une case, puis interpréter le résultat.

  • Demandez à votre adolescent de justifier pourquoi un parent Aa produit des gamètes A et a, sans donner la réponse à sa place.
  • Vérifiez qu’il distingue toujours génotype et phénotype dans sa phrase de conclusion, puis laissez-le corriger seul son tableau.

Temps conseillé : ~15 min.

Questions fréquentes

Pourquoi un parent Aa peut-il transmettre A ou a ?

Ses deux allèles se séparent lors de la formation des gamètes. Chaque gamète reçoit donc A ou a, mais pas les deux pour ce gène.

Un échiquier permet-il de savoir exactement quel sera le génotype d’un enfant ?

Non. Il présente les génotypes possibles et leur probabilité dans le modèle étudié, pas une certitude pour un individu précis.

Pourquoi le génotype Aa est-il écrit deux fois dans le croisement Aa × Aa ?

Il peut être obtenu par deux rencontres de gamètes différentes : A avec a, ou a avec A.

Au brevet, faut-il dessiner l’échiquier ?

Oui, si la question demande de déterminer les génotypes possibles ou de justifier une transmission. Le tableau rend ton raisonnement visible et vérifiable.

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