Sujet et corrigé du brevet de français 2024
Retrouve ici le sujet de français du brevet 2024, série générale, et son corrigé détaillé : les questions sur un extrait de La chambre des officiers de Marc Dugain et sur une affiche, la grammaire, la réécriture, la dictée et les deux sujets de rédaction, expliqués pas à pas.

Le sujet de 2024 en bref
L’épreuve de français de la série générale, session 2024 (sujets de métropole, codes 24GENFRQGCME1, 24GENFRDME1 et 24GENFRRME1), se déroule en trois temps. La première partie, « Grammaire et compétences linguistiques, compréhension et compétences d’interprétation », dure 1 h 10 et est notée sur 50 points : 32 points pour la compréhension, 18 points pour la grammaire. La dictée suit, sur la même copie : elle dure 20 minutes et est notée sur 10 points. La rédaction dure 1 h 30 et est notée sur 40 points. Le dictionnaire est interdit pendant la première partie et la dictée, autorisé pendant la rédaction ; la calculatrice est interdite.
Un sujet de l’ancienne formule. En 2024, les trois temps de l’épreuve et leurs points (50, 10 et 40) étaient déjà ceux d’aujourd’hui. Ce qui a changé à la session 2026, c’est la manière dont la note compte : les 100 points sont désormais ramenés à une note sur 20, qui porte le coefficient 2. La nouvelle formule se travaille sur le sujet de français du brevet 2026 et son corrigé. Ce sujet de 2024 reste un entraînement complet.
Les trois documents sont publiés par le ministère de l’Éducation nationale sur Éduscol : sujet de la première partie, texte, image et questions (PDF), sujet de la dictée (PDF) et sujet de la rédaction (PDF). Le texte de Marc Dugain est une œuvre protégée : il est résumé ici avec de courtes citations, et tu le lis en entier dans le sujet officiel. Les consignes, elles, sont reproduites telles qu’elles figurent sur le sujet.
Le texte et l’image du sujet
Le texte est un extrait de La chambre des officiers de Marc Dugain, paru en 1999 (30 lignes sur le sujet). Le chapeau du sujet le présente ainsi : « Adrien Fournier, le narrateur, et ses deux amis, Penanster et Weil, sont trois officiers gravement blessés au visage durant la Première Guerre mondiale. Ils sont soignés à l’hôpital du Val-de-Grâce. Un jour, ils y aperçoivent Marguerite, elle aussi victime d’une terrible blessure. Ils attendent depuis longtemps une occasion de lui parler. »
L’extrait avance en quatre temps :
- Lignes 1 à 6. Après des jours d’attente, Marguerite se trouve devant Penanster : « elle ne se déroba point ». Penanster lui présente leur groupe comme « un club d’officiers » auquel il manque une femme, et l’invite à en faire partie.
- Lignes 7 à 17. Marguerite répond par « un sourire chaleureux ». Sa bouche, ses yeux et son front sont épargnés, mais elle a été touchée au nez et aux pommettes : « Elle était comme un parterre de roses saccagé par le milieu. » Penanster comprend qu’elle est sourde et qu’elle lit sur les lèvres. Lui seul a « une bouche intacte » ; le narrateur comprend que ni Weil ni lui ne pourront lui parler.
- Lignes 18 à 22. Un langage s’installe entre Marguerite et Penanster. D’une « voix à la douceur tiède », elle raconte son histoire aux trois hommes, qui l’écoutent « appuyés les uns sur les autres ».
- Lignes 23 à 30. Retour en arrière : vers la fin de 1915, « on manquait d’infirmières » et Marguerite s’est portée volontaire. Fille d’un orfèvre fortuné, elle rêvait « de s’éprendre d’un homme courageux ». Affectée dans un hôpital de l’arrière, elle obtient ensuite d’être envoyée « dans une antenne de secours à l’avant ».
Sept mots ou expressions sont expliqués en note sur le sujet : « se réfléchissait » (se reflétait), « elle ne se déroba point » (elle ne partit pas, elle resta), « immaculé » (sans défauts), « embusqués » (qui ont bénéficié d’un poste qui n’était pas au front), « elle fut affectée » (elle fut envoyée comme infirmière), « convalescents » (soldats malades ou blessés en train de guérir) et « à l’avant » (au niveau de la zone de combat).
L’image est une affiche de Georges Conrad, Les Gueules cassées, lithographie réalisée pour l’Union des blessés de la face. En haut, le titre « LES GUEULES CASSÉES » en grandes lettres rouges ; en bas, la mention « UNION DES BLESSÉS DE LA FACE ». Au centre, deux personnages avancent sur un sol sombre, devant un ciel de fumées rousses : un soldat courbé, la tête et le visage enveloppés de bandages blancs, s’agrippe au bras d’une infirmière au voile blanc marqué d’une croix rouge, qui le soutient et le guide. L’image est protégée, elle se regarde dans le sujet officiel.
Compréhension et compétences d’interprétation (32 points)
Question 1 : les personnages du texte
Qui sont les différents personnages de ce texte ? (2 points)
Méthode. Lis d’abord les lignes de présentation placées avant le texte : elles donnent les noms et les liens entre les personnages. Nomme chacun et précise en quelques mots qui il est.
Corrigé. Le texte met en scène quatre personnages. Le narrateur, Adrien Fournier, raconte la scène à la première personne. Il est accompagné de ses deux amis, Penanster et Weil : tous trois sont officiers. Le quatrième personnage est Marguerite, une jeune femme qui s’est engagée comme infirmière pendant la guerre et que les trois hommes rencontrent à l’hôpital.
Question 2 : ce que les personnages ont en commun
Qu’ont-ils en commun ? Deux éléments de réponse sont attendus. (2 points)
Méthode. La consigne attend deux points communs : cherche ce qui réunit à la fois les trois officiers et Marguerite (la blessure, la guerre, le lieu). Appuie-toi sur la présentation et sur le début du texte.
Corrigé. Les quatre personnages ont d’abord en commun d’avoir été gravement blessés au visage pendant la Première Guerre mondiale. Le narrateur le souligne dès la première phrase : les trois hommes sont pour Marguerite les « miroirs de son infortune » (ligne 2), ce qui signifie qu’elle retrouve sur leur visage sa propre blessure.
Ils ont ensuite en commun le lieu où ils vivent : ils sont tous soignés à l’hôpital du Val-de-Grâce, où ils se rencontrent. Leur blessure fait d’eux un groupe à part, que Penanster appelle « un club d’officiers » (ligne 4) et que Marguerite est invitée à rejoindre.
Question 3 : la communication entre les personnages
Lignes 7 à 22 : Peut-on dire dans ce passage que tous les personnages arrivent à communiquer facilement ensemble ? Justifiez votre réponse en citant des passages précis du texte. (4 points)
Méthode. La question commence par « Peut-on dire » : réponds d’abord par oui ou par non, puis nuance. Relève, entre les lignes 7 et 22, ce qui empêche l’échange et ce qui le permet malgré tout, avec les citations exactes.
Corrigé. Non, on ne peut pas dire que tous les personnages communiquent facilement dans ce passage.
Le premier obstacle vient de Marguerite : la déflagration l’a rendue sourde. Elle ne répond pas à la question de Penanster et se contente de sourire, jusqu’à ce que celui-ci devine la raison de son silence : « Penanster comprit alors qu’elle était sourde et ne pouvait que lire sur les lèvres. » (ligne 13).
Le second obstacle vient des blessures des hommes. Penanster est le seul à pouvoir se faire comprendre d’elle : « Lui seul avait une bouche intacte, où les mots prenaient forme. » (ligne 14). Le narrateur et Weil, eux, ont les lèvres abîmées, et leurs mouvements sont « devenus sans signification » (ligne 16) : ils savent qu’ils ne pourront jamais s’adresser directement à elle.
La communication existe pourtant, mais elle reste limitée et inégale. Un « langage » particulier s’installe entre Marguerite et Penanster (ligne 18), et Marguerite, qui peut parler, raconte son histoire aux trois hommes : « nous l’écoutions » (ligne 21). L’échange passe donc par un seul intermédiaire et, pour Weil et le narrateur, il ne va que dans un sens.
Question 4 : les raisons de l’engagement de Marguerite
Lignes 23 à 30 : Pour quelles raisons Marguerite souhaitait-elle s’engager comme infirmière de guerre ? Deux éléments de réponse justifiés par des citations du texte sont attendus. (5 points)
Méthode. Relis seulement les lignes 23 à 30 et cherche les motivations de Marguerite. Donne deux raisons distinctes, chacune suivie de sa citation entre guillemets et de sa ligne.
Corrigé. Marguerite s’engage d’abord pour se rendre utile. À la fin de 1915, « on manquait d’infirmières » (ligne 23), et elle mène alors la vie facile d’une fille d’orfèvre fortuné : « Elle était à cette époque aussi belle qu’inutile. » (ligne 24). Se porter volontaire lui permet de répondre à un besoin réel et de ne plus se sentir sans utilité.
Elle s’engage aussi pour une raison plus personnelle : elle espère rencontrer un homme qu’elle pourra admirer. Ses prétendants sont « tous réformés ou embusqués » (ligne 25), donc à l’abri du danger, alors que le texte précise : « Elle rêvait de s’éprendre d’un homme courageux. » (lignes 25 et 26). Devenir infirmière de guerre, c’est se rapprocher de ceux qui se battent.
Question 5 : le portrait de Marguerite
« Elle était comme un parterre de roses saccagé par le milieu. » (lignes 8 à 9)
a) Quelle figure de style pouvez-vous identifier dans cette phrase ? Pourquoi est-elle particulièrement adaptée pour décrire le visage de Marguerite ? Un élément de réponse et une citation sont attendus. (3 points)
b) Complétez ce portrait physique de Marguerite par son portrait moral en identifiant deux traits de caractère du personnage. Vous justifierez chaque trait de caractère en vous appuyant sur le texte. (4 points)
a) Méthode. Repère l’outil qui relie les deux éléments rapprochés pour nommer la figure de style. Demande-toi ensuite ce que chaque mot de l’image (« roses », « saccagé », « milieu ») dit du visage, et cite la phrase du texte qui le confirme.
Corrigé. Cette phrase contient une comparaison : Marguerite (« Elle ») est comparée à « un parterre de roses saccagé par le milieu » grâce à l’outil de comparaison « comme ».
Cette comparaison est particulièrement bien choisie. Les roses évoquent la beauté et la délicatesse de la jeune femme, tandis que le participe « saccagé » exprime la violence de la blessure. Surtout, la précision « par le milieu » correspond exactement à l’endroit atteint : « Elle avait été touchée au nez et aux pommettes » (ligne 9), c’est-à-dire au centre du visage, alors que la bouche, les yeux et le front sont restés intacts. L’image fait donc voir en même temps la beauté qui demeure et le désastre qui l’a frappée.
b) Méthode. Un portrait moral décrit le caractère, pas le physique. Choisis deux qualités nettes et prouve chacune par un geste, une parole ou une citation du texte.
Corrigé. Marguerite est d’abord une femme courageuse et déterminée. Elle choisit elle-même de s’engager : « Marguerite s’était portée volontaire. » (ligne 23). Elle va même plus loin, puisqu’elle convainc un officier de l’envoyer « dans une antenne de secours à l’avant » (lignes 29 et 30), au plus près des combats. À l’hôpital, face aux trois blessés, elle montre encore ce courage : « elle ne se déroba point » (ligne 3).
Marguerite est aussi une femme douce et chaleureuse. Malgré sa blessure, elle accueille les trois officiers avec « un sourire chaleureux » (ligne 7) et leur parle d’« une voix à la douceur tiède » (ligne 19). Cette bienveillance explique l’admiration des hommes, « intimidés par cette grande femme au charisme inaltéré » (lignes 21 et 22).
Question 6 : réfléchir à la Grande Guerre
Quelles réflexions sur la Grande Guerre peut inspirer l’expérience des personnages ? Deux éléments de réponse, chacun justifié par des citations du texte, sont attendus. (6 points)
Méthode. Il faut passer du cas des personnages à une idée générale sur la guerre. Formule deux réflexions différentes et prouve chacune par des citations ; l’écart entre la guerre imaginée et la guerre réelle (ligne 28) est une autre piste possible.
Corrigé. L’expérience des personnages montre d’abord que la Grande Guerre est d’une violence extrême, qui détruit les corps et n’épargne personne. Les officiers ont le visage si abîmé que, selon le narrateur, « Nos blessures ne pouvaient qu’effrayer cette femme » (ligne 1). Marguerite, qui n’était pas soldat mais infirmière, a été frappée elle aussi : « la déflagration lui avait également crevé les tympans » (ligne 10). Sa voix douce fait « paraître encore plus injuste sa blessure » (lignes 19 et 20) : la guerre frappe au hasard, y compris celles et ceux qui venaient soigner.
Cette expérience montre ensuite que la guerre ne s’arrête pas avec la blessure : elle coupe durablement les blessés du reste du monde. Marguerite a le sourire « de ceux qui vivent dans un monde à part » (lignes 11 et 12), et la parole elle-même devient difficile entre les personnages. Pourtant, cette souffrance partagée crée une forte solidarité : les trois hommes forment « un club d’officiers » (ligne 4) et écoutent Marguerite « appuyés les uns sur les autres » (lignes 20 et 21). La guerre détruit les visages, mais elle fait naître une fraternité entre ceux qu’elle a meurtris.
Question 7 : le texte et l’affiche
Image. Cette affiche vous paraît-elle être une bonne illustration du texte ? Vous développerez votre réponse en vous appuyant sur deux arguments. Chaque argument doit être justifié en vous référant au texte et à l’image. (6 points)
Méthode. Annonce ton avis, puis développe deux arguments : pour chacun, un détail précis de l’affiche et un passage du texte qui se répondent. Tu peux terminer par une nuance, à condition de la justifier de la même façon.
Corrigé. Cette affiche constitue une bonne illustration du texte, même si elle ne lui correspond pas en tous points.
Premier argument : l’affiche et le texte traitent du même sujet, les soldats blessés au visage et les femmes qui les soignent. Le titre « LES GUEULES CASSÉES » et la mention « UNION DES BLESSÉS DE LA FACE » désignent des blessés semblables aux trois officiers du texte. Le soldat de l’affiche a toute la tête enveloppée de bandages blancs, au point qu’on ne voit ni ses yeux ni sa bouche : il fait penser à Weil et au narrateur, dont les lèvres ne peuvent plus former de mots compréhensibles, puisque leurs mouvements sont « devenus sans signification » (ligne 16). À ses côtés, l’infirmière au voile marqué d’une croix rouge rappelle Marguerite, engagée à un moment où « on manquait d’infirmières » (ligne 23).
Deuxième argument : l’affiche montre, comme le texte, que les blessés ne tiennent debout que grâce à l’entraide. Le soldat, courbé vers l’avant, s’agrippe au bras de l’infirmière, qui le soutient et le guide. Dans le texte, les officiers forment un groupe soudé et écoutent Marguerite « appuyés les uns sur les autres » (lignes 20 et 21). De plus, le sol sombre et le ciel de fumées rousses évoquent la zone de combat où Marguerite a voulu aller, « dans une antenne de secours à l’avant » (lignes 29 et 30).
Une nuance s’impose toutefois : l’infirmière de l’affiche se tient droite, le visage intact, alors que Marguerite a elle-même été « touchée au nez et aux pommettes » (ligne 9). L’affiche illustre donc surtout le passé de Marguerite, quand elle soignait les soldats, plutôt que la scène de l’hôpital, où elle est devenue une blessée parmi les autres.
Grammaire et compétences linguistiques (18 points)
Question 8 : les expansions du nom
« Nous formons, lui expliqua-t-il, un club d’officiers qui compte à ce jour trois membres actifs et volontiers bienfaiteurs. » (lignes 4 à 5). Relevez les expansions du nom « club » et indiquez la classe grammaticale de chacune d’elle. (2 points)
Méthode. Une expansion du nom est un mot ou un groupe qui précise ce nom et que l’on peut supprimer. Cherche tout ce qui complète « club », et seulement lui : « actifs » et « bienfaiteurs » complètent « membres », ils ne sont donc pas à relever séparément.
Corrigé. Le nom « club » a deux expansions. La première est « d’officiers », un groupe nominal prépositionnel, introduit par la préposition « de » élidée. La seconde est « qui compte à ce jour trois membres actifs et volontiers bienfaiteurs », une proposition subordonnée relative, introduite par le pronom relatif « qui ».
Règle : un nom peut être complété par un adjectif, par un groupe nominal prépositionnel ou par une proposition subordonnée relative, trois expansions que l’on peut supprimer sans rendre la phrase incorrecte.
Question 9 : la proposition subordonnée
« Je compris aussitôt que ni Weil ni moi ne pourrions jamais nous entretenir avec elle » (lignes 14 à 15).
a) Recopiez cette phrase puis mettez la proposition subordonnée entre crochets et entourez le mot subordonnant. (1 point)
b) Précisez la fonction grammaticale de cette proposition subordonnée et mentionnez au moins une manipulation que vous avez utilisée pour trouver la réponse. (2 points)
a) Méthode. Compte les verbes conjugués : « compris » et « pourrions », donc deux propositions. La subordonnée commence au mot subordonnant et contient le second verbe conjugué.
Corrigé. Je compris aussitôt [que ni Weil ni moi ne pourrions jamais nous entretenir avec elle]
Le mot subordonnant à entourer est « que », premier mot de la proposition subordonnée.
Règle : une proposition subordonnée dépend d’une proposition principale et commence par un mot subordonnant ; ici, « que » est une conjonction de subordination, qui introduit une proposition subordonnée conjonctive.
b) Méthode. Pose la question Je compris quoi ?, puis teste la subordonnée : peut-on la supprimer, la déplacer, la remplacer par un pronom ? La consigne exige de nommer au moins une manipulation, ne l’oublie pas.
Corrigé. Cette proposition subordonnée est complément d’objet direct (COD) du verbe « compris ». Manipulation utilisée : on peut la remplacer par un pronom (Je le compris aussitôt, Je compris aussitôt cela) ; on ne peut pas non plus la déplacer en tête de phrase, ni la supprimer sans rendre la phrase incomplète.
Règle : une proposition subordonnée conjonctive introduite par « que » et placée après un verbe de pensée, de parole ou de perception complète ce verbe, elle occupe le plus souvent la fonction de COD.
Question 10 : le mot « insupportable »
« la situation devint insupportable » (ligne 28).
a) Identifiez et nommez les trois éléments qui composent le mot souligné. (1,5 point)
b) Expliquez le sens de ce mot puis trouvez-en un synonyme. (1,5 point)
a) Méthode. Pars du mot simple de la même famille, le verbe supporter : ce qui est ajouté devant est le préfixe, ce qui est ajouté derrière est le suffixe. La consigne demande d’identifier et de nommer chaque élément.
Corrigé. Le mot « insupportable » se compose de trois éléments : le préfixe in-, qui exprime la négation ; le radical support, que l’on retrouve dans le verbe supporter ; le suffixe -able, qui exprime la possibilité et sert à former des adjectifs.
Règle : un mot dérivé se construit à partir d’un radical auquel on ajoute un préfixe (placé avant) ou un suffixe (placé après), le suffixe pouvant changer la classe grammaticale du mot.
b) Méthode. Sers-toi du découpage de la question précédente pour construire la définition, puis vérifie ton synonyme en le replaçant dans la phrase du texte.
Corrigé. Insupportable signifie : qui ne peut pas être supporté, que l’on ne peut pas endurer. Dans le texte, le trouble causé par la beauté de Marguerite rend la vie à l’hôpital impossible à accepter plus longtemps. Synonyme : intolérable (on peut aussi proposer invivable ou intenable).
Règle : le sens d’un mot dérivé se déduit de ses éléments (ici la négation, le radical et l’idée de possibilité), et un synonyme appartient à la même classe grammaticale que le mot qu’il remplace, ici un adjectif.
Question 11 : la réécriture
Réécrivez le passage suivant en remplaçant « Marguerite » par « Elles ». (10 points)
« Marguerite s’était portée volontaire. Elle était à cette époque aussi belle qu’inutile. Son père était un orfèvre fortuné, et elle ne manquait pas de prétendants, tous réformés ou embusqués. Elle rêvait de s’éprendre d’un homme courageux. »
Méthode. Souligne d’abord tout ce qui dépend de « Marguerite » : les pronoms, les verbes, le participe passé, les adjectifs et le déterminant possessif. Dans l’exercice de réécriture, tout ce qui ne dépend pas du mot remplacé se recopie sans erreur.
Corrigé. Elles s’étaient portées volontaires. Elles étaient à cette époque aussi belles qu’inutiles. Leur père était un orfèvre fortuné, et elles ne manquaient pas de prétendants, tous réformés ou embusqués. Elles rêvaient de s’éprendre d’un homme courageux.
- Elles s’étaient portées volontaires : le sujet passe au féminin pluriel, donc l’auxiliaire prend la terminaison -aient, le participe passé employé avec l’auxiliaire être s’accorde au féminin pluriel (-ées) et l’attribut volontaires prend un s.
- Elles étaient, elles ne manquaient pas, Elles rêvaient : le pronom au singulier devient elles, et chaque verbe à l’imparfait prend la terminaison -aient de la 3e personne du pluriel.
- belles, inutiles : ces deux adjectifs, attributs du sujet, s’accordent en genre et en nombre avec « Elles ».
- Leur père : le déterminant possessif son devient leur, car il y a désormais plusieurs possesseurs. Deux graphies sont justes selon l’interprétation : Leur père était un orfèvre fortuné si elles ont le même père, Leurs pères étaient des orfèvres fortunés si chacune a le sien.
- Ne changent pas : « tous réformés ou embusqués », accordé avec « prétendants », l’infinitif « s’éprendre » et le groupe « d’un homme courageux ».
La dictée (10 points)
La dictée dure 20 minutes et est notée sur 10 points ; elle se fait sur la même copie que la première partie, une ligne sur deux. Le texte dicté vient du même roman (Marc Dugain, La chambre des officiers, 1999) : Marguerite devient le centre des préoccupations des trois officiers, qui lui parlent par l’intermédiaire de Penanster ; elle rejoint leur groupe, mais refuse de revoir sa famille. Le nom « Penanster » est écrit au tableau, avec la référence du texte. Le surveillant lit d’abord le texte en entier, puis le dicte en donnant la ponctuation et en marquant les liaisons, puis le relit sans la ponctuation. Le texte, protégé, se lit dans le sujet officiel de la dictée.
Méthode. Pendant la première lecture, repère les temps du récit : imparfait et passé simple. À la relecture d’une dictée du brevet, cherche le sujet de chaque verbe, puis vérifie les accords dans chaque groupe nominal.
Corrigé. Le texte de la dictée n’est pas reproduit ici. Voici les passages qui demandent le plus d’attention.
- « nous nous adressions » : imparfait à la 1re personne du pluriel, terminaison -ions ; un seul d et deux s. Même terminaison dans « nous ne nous lassions ».
- « qui lui répétait » : le pronom relatif sujet reprend « Penanster », au singulier, le verbe se termine donc par -ait ; deux accents aigus.
- « des syllabes » : un y, deux l, et la marque du pluriel après le déterminant.
- « qui sont atteints » : le participe passé employé avec l’auxiliaire être s’accorde avec le sujet, le pronom relatif mis pour « ceux », masculin pluriel ; deux t au début du mot.
- « qui contrastait singulièrement » : le sujet reprend « cette voix », au singulier, d’où -ait ; l’adverbe en -ment se forme sur le féminin de l’adjectif, avec un accent grave.
- « Elle s’intégra » et « Ils finirent » : passé simple ; à la 3e personne du singulier, un verbe en -er se termine par -a, sans t ; à la 3e personne du pluriel, la terminaison est ici -irent.
- « nos rencontres quotidiennes étaient » : l’adjectif s’accorde au féminin pluriel avec le nom (deux n), et le verbe prend -aient car son sujet est au pluriel.
- « n’avait pas informé » : le participe passé employé avec l’auxiliaire avoir ne s’accorde pas avec le sujet ; le COD est placé après le verbe, le participe reste donc invariable.
- « Elle ne leur écrivait » : devant un verbe, ce pronom personnel ne prend jamais de s ; même règle dans « pour leur signifier ».
- « fut dépêché » : passé simple du verbe être à l’indicatif, sans accent circonflexe sur le u ; le participe s’accorde avec le sujet masculin singulier et porte un accent circonflexe sur son deuxième e.
Pense aussi au trait d’union de « au-devant » et recopie sans faute le nom « Penanster », inscrit au tableau avant la dictée.
La rédaction (40 points)
La rédaction dure 1 h 30 et est notée sur 40 points. Sur le sujet : « Vous traiterez à votre choix l’un des sujets suivants ». Le dictionnaire est autorisé, la copie est distincte de celle de la première partie, et tu gardes le sujet de la première partie sous les yeux. Le sujet rappelle enfin : « Afin de respecter l’anonymat de votre copie, vous ne devez pas signer votre composition, citer votre nom, celui d’un camarade ou celui de votre établissement. »
Sujet d’imagination
Imaginez la suite du récit de Marguerite (lignes 23 à 30), du point de vue de la jeune femme, en utilisant la première personne et en terminant par l’accident qui a causé ses blessures. Vous mêlerez narration et description.
Vous commencerez ainsi : « Me voilà désormais sur le front. Je ne ressentais pas la peur, je n’en avais pas le temps. »
Méthode. Surligne chaque contrainte de la consigne : la suite des lignes 23 à 30, le point de vue de Marguerite, la première personne, le mélange de narration et de description, la phrase de départ, la fin sur l’accident. Dans un sujet d’imagination, ces contraintes servent de liste de vérification avant et après l’écriture.
Corrigé. Voici des pistes pour construire ta copie.
Ce que la consigne impose. Tu écris la suite du récit de Marguerite, à partir du moment où elle obtient d’être envoyée « dans une antenne de secours à l’avant » (lignes 29 et 30). Le texte de départ parle d’elle à la troisième personne : ton texte passe à la première personne, c’est Marguerite qui raconte. Tu recopies d’abord l’amorce imposée, qui commence par « Me voilà désormais sur le front. », puis tu poursuis au passé, puisque la suite de cette amorce est à l’imparfait (« ressentais », « avais »). Tu alternes la narration (les actions) et la description (les lieux, les blessés, les sensations), et ton récit se termine par l’accident.
Ce que le texte t’oblige à respecter. L’accident est une explosion, puisque le texte parle de « la déflagration » (ligne 10). Marguerite est touchée au nez et aux pommettes et elle perd l’ouïe, mais sa bouche, ses yeux et son front sont épargnés. Elle vient d’un milieu aisé, elle voulait être utile et rêvait de rencontrer un homme courageux : ces éléments nourrissent ses pensées.
- Début : l’amorce imposée, puis l’arrivée à l’antenne de secours. Description du lieu à l’aide de plusieurs sens (le bruit des canons, la boue, les odeurs, le manque de lumière) et contraste avec l’hôpital de l’arrière ou la maison de son père.
- Le quotidien des soins : narration de gestes précis (accueillir les blessés, nettoyer, panser, rassurer), fatigue, rythme qui ne laisse pas le temps d’avoir peur, comme l’annonce l’amorce.
- Ce que Marguerite découvre : une réalité qu’elle n’imaginait pas, la fierté de ne plus se sentir inutile, le courage des hommes qu’elle soigne. Le portrait rapide d’un blessé ou d’un médecin peut fournir un passage descriptif.
- Le jour de l’accident : un moment précis (une nuit, un bombardement qui se rapproche), un geste en cours, puis l’explosion racontée par les sensations : le souffle, la lumière, la douleur au visage, et soudain le silence.
- Dernières lignes : tu t’arrêtes sur l’accident ou sur l’instant qui le suit, par exemple sur ce silence que Marguerite ne comprend pas encore.
Pièges à éviter. Oublier de recopier l’amorce ou la modifier. Revenir à la troisième personne en cours de récit. Mélanger les temps sans raison. Raconter seulement des actions, sans aucune description. Contredire le texte (une blessure aux yeux ou à la bouche, par exemple). Prolonger l’histoire jusqu’à l’hôpital du Val-de-Grâce alors que la consigne demande de finir par l’accident. Multiplier les détails sanglants au lieu de faire ressentir la scène. Le dictionnaire est autorisé pour cette partie : vérifie les mots dont tu doutes.
Sujet de réflexion
Adrien et ses deux amis écoutent Marguerite raconter son histoire. Que peuvent apporter les récits de vie, réels ou fictifs, à celles et ceux qui les découvrent ?
Vous présenterez votre réflexion dans un développement argumenté et organisé. Vous illustrerez votre propos à l’aide d’exemples issus de vos lectures et de votre culture artistique personnelle (cinéma, peinture, bande dessinée…).
Méthode. Repère les mots clés de la question : « récits de vie », « réels ou fictifs », « celles et ceux qui les découvrent ». Un sujet de réflexion demande des arguments classés et des exemples précis, pas un récit.
Corrigé. Voici des pistes pour construire ta copie.
Ce que la consigne impose. La question porte sur ce que les récits de vie apportent à leur public. L’expression « réels ou fictifs » t’invite à parler aussi bien des témoignages, des autobiographies et des journaux intimes que des romans, des films ou des bandes dessinées qui racontent la vie d’un personnage. Les mots « celles et ceux qui les découvrent » désignent les lecteurs, les spectateurs, les auditeurs. La consigne exige un « développement argumenté et organisé » : une introduction, des paragraphes qui associent chacun une idée et un exemple, une conclusion. Les exemples viennent de tes lectures et de ta culture artistique personnelle.
- Introduction : pars de la situation du texte (trois officiers écoutent Marguerite raconter son histoire), reformule la question, annonce les idées que tu vas défendre.
- Première idée : un récit de vie fait connaître et comprendre. Il rend concrète une époque ou une épreuve que l’on n’a pas vécue, mieux qu’une suite de dates. Exemples possibles : Le Journal d’Anne Frank, d’Anne Frank, ou Un sac de billes, de Joseph Joffo, pour la Seconde Guerre mondiale ; l’extrait de La chambre des officiers, de Marc Dugain, pour les blessés de la Grande Guerre.
- Deuxième idée : un récit de vie fait ressentir et rapproche. En suivant quelqu’un de l’intérieur, on se met à sa place, on éprouve de la compassion ou de l’admiration, on se sent parfois moins seul face à ses propres difficultés. Dans le texte, les officiers écoutent Marguerite « Ébahis » (ligne 20) et « intimidés » (ligne 21). Exemples possibles : une bande dessinée autobiographique comme Persepolis, de Marjane Satrapi, ou un film inspiré d’une histoire vraie que tu as vu.
- Troisième idée : un récit de vie aide à réfléchir et à se construire. Il propose des modèles de courage, des erreurs à ne pas reproduire, des choix à discuter ; il transmet aussi une mémoire. Exemples possibles : une autobiographie étudiée en classe, la biographie d’une personnalité que tu admires, un roman dont le héros grandit au fil des épreuves.
- Nuance possible : un récit de vie ne donne qu’un point de vue, parfois embelli ; celui qui le découvre garde son esprit critique et, devant un récit fictif, se rappelle que l’auteur a inventé.
- Conclusion : réponds nettement à la question en reprenant tes idées, puis ouvre, par exemple, sur l’envie de raconter à son tour sa propre histoire.
Pièges à éviter. Raconter longuement une œuvre au lieu d’expliquer ce qu’elle apporte. Ne parler que des récits réels, ou que des récits fictifs. Citer un exemple sans titre ni auteur, ou n’en donner qu’un seul. Écrire un seul bloc, sans paragraphes ni mots de liaison. Citer ton nom, celui d’un camarade ou celui de ton établissement : le sujet l’interdit pour préserver l’anonymat de la copie.
Comment travailler ce sujet
Sur ce sujet de 2024, la première partie (compréhension et grammaire) dure 1 h 10 et vaut 50 points, la dictée dure 20 min pour 10 points, toutes deux sans dictionnaire ni calculatrice. La rédaction dure 1 h 30, vaut 40 points et autorise le dictionnaire, pas la calculatrice. Chronomètre-toi, réponds sur une copie sans regarder le corrigé, puis compare question par question : vérifie le nombre d’éléments demandés, l’exactitude de tes citations et la règle de grammaire utilisée. Note tes erreurs, puis appuie-toi sur une méthode pour réviser le brevet de français afin de les retravailler.